La non-gravité

On a déjà parlé de la « loi de la non-gravité », qui consiste à répéter toute la journée que « ce n’est pas grave ».

Maintenant, revenons quelques siècles en arrière, au XVIIe siècle, en Angleterre, plus précisément.

Isaac Newton encore bébé fait ses premiers pas, sur le sol en bois du domicile familial. Et ce n’est simple pour lui. Car il essaie de marcher mais, boum, une fois de plus il se vautre lamentablement au sol et doit se relever, avant de tenter un nouvel essai, tout aussi foireux. Pris de désespoir, il ouvre grand la bouche dans le but de hurler, mais cela fait choir la tétine, qui s’écrase au sol.

Pauvre Isaac, surtout quand on pense que tous les adultes autour de lui, qui l’aidaient à se relever ou lui redonnaient sa tétine (gluante et pleine de sciure de bois) étaient rigoureusement incapables de lui expliquer pourquoi c’est vers le sol que l’on tombe.

On pourrait manger par terre

Encore une expression mystérieuse.

Lorsqu’on raconte de manière élogieuse la propreté d’un lieu, il nous arrive souvent de sortir cette phrase : « On aurait pu manger par terre. »

Alors, moi je veux bien, mais je ne vous encourage pas à le faire.

Car je vous connais. Ah oui, au début, tout est bien propre dans ce lieu. Mais déjà, vous arrivez ici avec vos chaussures d’extérieur, et comme il pleut et que vous avez pris le petit chemin de terre comme raccourci, mon sol n’est déjà plus aussi pimpant que tel que vous l’avez trouvé en arrivant.

Et puis, maintenant, voilà que vous êtes tous assis par terre, vos sacs posés néglimment sur le sol à côté de vous. Et voilà que vous déballez un peu tout, mais dans l’enthousiasme de votre repas, voici déjà quelques miettes qui tombent du paquet au moment où vous l’ouvrez. Et puis il y en a qui mangent salement. Je vous vois aussi, avec vos plats en sauce, ça fait des gouttes qui tachent le sol parce que vous êtes un peu négligents. Et les auréoles de vin sous le pied de vos verres, ne me dites rien, je sais que ça va arriver, au moins pour une personne parmi vous. Quand ce n’est pas carrément le verre renversé d’un mouvement maladroit. Et vous pensez vraiment que vous allez nettoyer, non, je vous connais trop bien, fourbes comme vous êtes.

Voilà, on pouvait manger par terre, pensiez-vous. Mais au moment de votre départ, ici j’ai l’impression que c’est une porcherie.

Une affaire de proportions

Il y a 8 jours, nous étions cinq ou six dans un car tout neuf, en direction de Troyes.

J’y étais là à boire des demis avec ma moitié, qui avait une quinte de toux.

Surgit un tiers, le gars du sixième.

Moi, vous me connaissez, je suis quelqu’un de très entier…

L’enfant au walkman

Les vieux réacs sont toujours prompts à nous rappeler que les jeunes ne savent plus écrire.

Mais grâce à Julien Clerc, on sait aussi qu’en calcul ils ont des lacunes assez sérieuses.

Il ne sait même pas compter jusqu’à trois, mais il connait le nom de tous les groupes anglais, l’enfant au walkman.

C’est bête car cet enfant connait certainement les Beatles mais il galère pour compter le nombre de musiciens.
Pour les Stones c’est déjà plus dur car il y en a un de plus.
Et il ne faut pas lui parler de Electric Light Orchestra ou de Wizzard…

Une histoire de degrés

— Il est très « premier degré », en fait ?
— Qui ça ?
— Mon cousin au deuxième degré.
— Ah oui, celui qui s’est brûlé ?
— C’est cela. Au troisième degré.

On choisit pas sa famille

Une célèbre chanson de Maxime Le Forestier a pour refrain :

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille.

C’est bien pour cette raison que les pays de l’Est parlaient du grand frère soviétique. Ils ne disaient jamais que c’était un pote.

Vladimir

Il avait un joli nom mon guide.
Vladimiiiir.

Moscou, les plaines d’Ukraine et les Champs-Élysées.
On a tout mélangé.

Voilà, voilà, merci Gilbert.

Pourquoi il jouait du piano debout ?

« Il jouait du piano debout. Mais pour moi ça veut dire beaucoup.
Ça veut dire qu’il était libre, heureux d’être là après tout… »

Ben, pas forcément. On n’en sait rien.

Si ça se trouve, il avait des hémorroïdes.

Godwin. Faisons le point !

Voilà un débat bien sensible.

Certains parlent du point Godwin tandis que d’autres parlent d’un point Godwin. (*)

Dans le premier cas, il s’agit de dire que le point Godwin est le point de non-retour dans une discussion. Une sorte de palier. Lorsque la discussion s’envenime, un participant à court d’arguments commence alors à essayer de discréditer son adversaire et le compare avec l’action des Nazis (ou bien se lance dans des tirades comme : « Avec ce que vous proposez, ça revient à permettre d’exterminer toute une population »). Et on sait qu’à partir de ce point, toute poursuite de la conversation est vaine, c’est quasiment impossible d’avoir un débat serein et intelligent. Honte alors à celui qui le premier « a atteint le point Godwin », il est considéré comme le perdant moral de cette discussion.

Dans le second cas, les choses sont un peu différentes. On a toujours une discussion qui s’envenime et une référence plus ou moins franche aux atrocités nazies. Mais dans ce cas, on estime alors que la personne qui s’est avancé sur ce terrain « a gagné un point Godwin ». Je ne sais pas s’il existe des compétitions mais tout porte à croire que l’on peut gagner plusieurs points Godwin au cours du même débat, l’adversaire pouvant en gagner aussi. Mais les points Godwin, c’est comme les cartes au jeu de Mille Bornes, le but est d’en avoir le moins possible. Celui qui a eu plus de points Godwin que son adversaire est le perdant moral de la discussion.

L’abréviation du point Godwin est tout naturellement… le point G. C’est-à-dire le point de Gräfenberg. Ce gynécologue était non seulement allemand mais juif, et il a précisément dû fuir l’Allemagne pour se réfugier aux États-Unis en 1940. L’histoire ne dit pas si les épouses des dignitaires du IIIe Reich étaient très portées sur les plaisirs obtenus par la découverte des vertus du point G, sans doute que leurs maris étaient trop occupés à mener la guerre et organiser les camps, et puis… aïe, je pense qu’on s’aventure sur les terres très dangereuses du ou des points Godwin, donc restons-en là.

(*) On est d’accord qu’utiliser les catégories « certains » et « d’autres » sans fournir aucune source sérieuse, c’est très mauvais, mais je vous ferai poliment remarquer que Goebbels lui aussi reprochait ça aux gens, alors ne commencez pas.

Le téléphone pleure

Sacré Claude François.

Ce dialogue au téléphone est archi-connu, mais parfois on se prend à rêver que la petite Frédérique eût eu plus de répartie.

« Dis-lui que j’ai mal, si mal depuis 6 ans. Et c’est ton âge, mon enfant. »

  • Ah non, moi j’ai 5 ans et 3 mois. Donc ça fait très exactement 9 mois de différence. Hé, 9 mois ! NEUF MOIS ! Ça va, tout le monde a compris ton allusion pas très subtile, là ?
  • Ah non, moi j’ai 5 ans. Donc ça fait pile un an de différence, bien plus que le temps d’une grossesse. Ton histoire que tu serais mon père, ça ne tient pas la route une seconde, alors dégage, sale con.
  • Je ne t’entends pas, je passe dans un tunnel. Un peu comme toi avec ma Maman toute nue (ça tombe bien, car je te rappelle qu’elle est dans son bain)
  • Déjà, comment tu connais mon âge, toi ? Attends que j’apprenne à écrire et ensuite je vais faire une plainte à la CNIL de suite, là.
  • Ah non, moi j’ai 5 ans. Et donc je suis mineure, je te rappelle. Ça ne va pas la tête ?
  • Tu as mal depuis 6 ans ? Tu as pensé à aller voir un docteur ? Tu devrais, hein.
  • Je ne t’ai pas dit mais même si je n’ai qu’une signature sur mon carnet, Maman s’est récemment mise en couple avec un boxeur. Et quand tu dis que tu as mal, tu n’as encore rien vu, là.
  • Vous avez demandé la police, ne quittez pas.