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La joie de Marie Kondo

Il y a chez un peu nous tous des objets utilitaires pas intéressants ni amusants, par exemple :

  • la poubelle
  • les poignées de porte
  • le tube de dentifrice
  • les serrures
  • la brosse des toilettes

Aucun de ces objets ne m’apporte de la joie, loin de là.

Désolé pour eux, mais désormais j’applique les préceptes de Marie Kondo de la manière la plus stricte possible : tout ce qui ne m’apporte pas de la joie, je le dégage illico.

Depuis, mon appartement est quand même un peu étrange…

La non-gravité

On a déjà parlé de la « loi de la non-gravité », qui consiste à répéter toute la journée que « ce n’est pas grave ».

Maintenant, revenons quelques siècles en arrière, au XVIIe siècle, en Angleterre, plus précisément.

Isaac Newton encore bébé fait ses premiers pas, sur le sol en bois du domicile familial. Et ce n’est simple pour lui. Car il essaie de marcher mais, boum, une fois de plus il se vautre lamentablement au sol et doit se relever, avant de tenter un nouvel essai, tout aussi foireux. Pris de désespoir, il ouvre grand la bouche dans le but de hurler, mais cela fait choir la tétine, qui s’écrase au sol.

Pauvre Isaac, surtout quand on pense que tous les adultes autour de lui, qui l’aidaient à se relever ou lui redonnaient sa tétine, gluante et pleine de sciure de bois, étaient rigoureusement incapables de lui expliquer pourquoi c’est vers le sol que l’on tombe.

On pourrait manger par terre

Encore une expression mystérieuse.

Lorsqu’on raconte de manière élogieuse la propreté d’un lieu, il nous arrive souvent de sortir cette phrase : « On aurait pu manger par terre. »

Alors, moi je veux bien, mais je ne vous encourage pas à le faire.

Car je vous connais. Ah oui, au début, tout est bien propre dans ce lieu. Mais déjà, vous arrivez ici avec vos chaussures d’extérieur, et comme il pleut et que vous avez pris le petit chemin de terre comme raccourci, mon sol n’est déjà plus aussi pimpant que tel que vous l’avez trouvé en arrivant.

Et puis, maintenant, voilà que vous êtes tous assis par terre, vos sacs posés néglimment sur le sol à côté de vous. Et voilà que vous déballez un peu tout, mais dans l’enthousiasme de votre repas, voici déjà quelques miettes qui tombent du paquet au moment où vous l’ouvrez. Et puis il y en a qui mangent salement. Je vous vois aussi, avec vos plats en sauce, ça fait des gouttes qui tachent le sol parce que vous êtes un peu négligents. Et les auréoles de vin sous le pied de vos verres, ne me dites rien, je sais que ça va arriver, au moins pour une personne parmi vous. Quand ce n’est pas carrément le verre renversé d’un mouvement maladroit. Et vous pensez vraiment que vous allez nettoyer, non, je vous connais trop bien, fourbes comme vous êtes.

Voilà, on pouvait manger par terre, pensiez-vous. Mais au moment de votre départ, ici j’ai l’impression que c’est une porcherie.

Une affaire de proportions

Il y a 8 jours, nous étions cinq ou six dans un car tout neuf, en direction de Troyes.

J’y étais là à boire des demis avec ma moitié, qui avait une quinte de toux.

Surgit un tiers, le gars du sixième.

Moi, vous me connaissez, je suis quelqu’un de très entier…

L’enfant au walkman

Les vieux réacs sont toujours prompts à nous rappeler que les jeunes ne savent plus écrire.

Mais grâce à Julien Clerc, on sait aussi qu’en calcul ils ont des lacunes assez sérieuses.

Il ne sait même pas compter jusqu’à trois, mais il connait le nom de tous les groupes anglais, l’enfant au walkman.

C’est bête car cet enfant connait certainement les Beatles mais il galère pour compter le nombre de musiciens.
Pour les Stones c’est déjà plus dur car il y en a un de plus.
Et il ne faut pas lui parler de Electric Light Orchestra ou de Wizzard…

Une histoire de degrés

— Il est très « premier degré », en fait ?
— Qui ça ?
— Mon cousin au deuxième degré.
— Ah oui, celui qui s’est brûlé ?
— C’est cela. Au troisième degré.

Le téléphone pleure

Sacré Claude François.

Ce dialogue au téléphone est archi-connu, mais parfois on se prend à rêver que la petite Frédérique eût eu plus de répartie.

« Dis-lui que j’ai mal, si mal depuis 6 ans. Et c’est ton âge, mon enfant. »

  • Ah non, moi j’ai 5 ans et 3 mois. Donc ça fait très exactement 9 mois de différence. Hé, 9 mois ! NEUF MOIS ! Ça va, tout le monde a compris ton allusion pas très subtile, là ?
  • Ah non, moi j’ai 5 ans. Donc ça fait pile un an de différence, bien plus que le temps d’une grossesse. Ton histoire que tu serais mon père, ça ne tient pas la route une seconde, alors dégage, sale con.
  • Je ne t’entends pas, je passe dans un tunnel. Un peu comme toi avec ma Maman toute nue (ça tombe bien, car je te rappelle qu’elle est dans son bain)
  • Déjà, comment tu connais mon âge, toi ? Attends que j’apprenne à écrire et ensuite je vais faire une plainte à la CNIL de suite, là.
  • Ah non, moi j’ai 5 ans. Et donc je suis mineure, je te rappelle. Ça ne va pas la tête ?
  • Tu as mal depuis 6 ans ? Tu as pensé à aller voir un docteur ? Tu devrais, hein.
  • Je ne t’ai pas dit mais même si je n’ai qu’une signature sur mon carnet, Maman s’est récemment mise en couple avec un boxeur. Et quand tu dis que tu as mal, tu n’as encore rien vu, là.
  • Vous avez demandé la police, ne quittez pas.

Bulletin météo

Ce matin, les averses succèderont à la pluie continue.
À quelques ondées près, le temps sera sec, sous la bruine et le crachin.
Après ce déluge, les intempéries reprendront de plus belle, entrecoupées de quelques pluvieuses éclaircies.
Un orage assorti de pluies verglaçantes et d’éclairs se dressera ensuite dans le ciel. Le spectacle sera féérique.
Vous espériez vous dorer la pilule au Brésil. À une lettre près on y était, sauf que c’est grésil.
Des trombes d’eau s’abattront ensuite, idéal pour l’arrosage des plantes, profitez-en, c’est gratuit.
L’espoir d’un temps ensoleillé sera minimisé par un ciel complètement couvert.
Bonne nouvelle néanmoins : en fin de journée la pluie s’arrêtera enfin… pour faire place aux chutes de grêle.

Mon CV

On m’a souvent demandé de décrire mon parcours. Alors voilà, je vous livre un petit peu ma biographie, au moins pour son aspect professionnel.

J’étais dans une banque, je m’occupais de virer l’argent sur les comptes. Malheureusement, c’est moi qui ai été viré.
Puis j’ai été engagé dans une fabrique de mines antipersonnelles. Un travail d’arrache-pied.
J’ai vendu des abris pour chiens mais on en vendait peu, c’est un marché de niche.
J’ai travaillé ensuite deux ans dans une distillerie, mais ça me saoûlait.
Une expérience intéressante dans le secteur de la seconde main, mais bon, c’était une autre époque. Tout cela a été récupéré depuis.
Je me suis ensuite retrouvé dans un laboratoire d’analyses en proctologie. Dès le premier jour, j’ai senti que ça puait, et très rapidement j’ai voulu changer d’air.
Où je souhaiterais travailler à présent ? L’industrie de la literie. Ça, ce serait mon rêve.

Variations sur une chanson connue

À chaque écoute c’est pareil, on a envie de changer le scénario. Parce que, bon, les habitudes, hein…

  1. Je me lève
  2. Je te bouscule
  3. Tu tombes du lit
  4. Oups
  1. Je me lève
  2. Je te bouscule
  3. Tu ne te réveilles pas
  4. Car tu es morte
  1. Je me lève
  2. Je te bouscule
  3. Tu m’engueules car ça ne se fait pas de te bousculer alors que tu voudrais dormir et que tu en as marre que je te bouscule car, bon, c’est toujours la même chose, et que c’est normal que tu es fatiguée car c’est toi qui fais tout dans cette maison et que je moi je ne fais jamais rien pour t’aider, mais non, monsieur préfère me bousculer et après il va dire que c’est moi qui suis de mauvaise humeur et que c’est de ma faute.
  4. Comme d’habitude
  1. Je me lève
  2. Je me masturbe dans le lit
  3. Tu ne te réveilles pas
  4. Ouf
  1. Je me baigne
  2. Je change l’ampoule
  3. Je ne me réveille pas
  4. Comme d’habitude
  1. Tu te lèves
  2. Et tu me bouscules
  3. Je ne me réveille pas
  4. Gros fainéant