On pourrait manger par terre

Encore une expression mystérieuse.

Lorsqu’on raconte de manière élogieuse la propreté d’un lieu, il nous arrive souvent de sortir cette phrase : « On aurait pu manger par terre. »

Alors, moi je veux bien, mais je ne vous encourage pas à le faire.

Car je vous connais. Ah oui, au début, tout est bien propre dans ce lieu. Mais déjà, vous arrivez ici avec vos chaussures d’extérieur, et comme il pleut et que vous avez pris le petit chemin de terre comme raccourci, mon sol n’est déjà plus aussi pimpant que tel que vous l’avez trouvé en arrivant.

Et puis, maintenant, voilà que vous êtes tous assis par terre, vos sacs posés néglimment sur le sol à côté de vous. Et voilà que vous déballez un peu tout, mais dans l’enthousiasme de votre repas, voici déjà quelques miettes qui tombent du paquet au moment où vous l’ouvrez. Et puis il y en a qui mangent salement. Je vous vois aussi, avec vos plats en sauce, ça fait des gouttes qui tachent le sol parce que vous êtes un peu négligents. Et les auréoles de vin sous le pied de vos verres, ne me dites rien, je sais que ça va arriver, au moins pour une personne parmi vous. Quand ce n’est pas carrément le verre renversé d’un mouvement maladroit. Et vous pensez vraiment que vous allez nettoyer, non, je vous connais trop bien, fourbes comme vous êtes.

Voilà, on pouvait manger par terre, pensiez-vous. Mais au moment de votre départ, ici j’ai l’impression que c’est une porcherie.